Toute bonne chose a une fin

Issyk Köl

Quatre ans de passés, déjà. Le moment de rentrer en Suisse. Avec tellement d’images, en tête et sur mes disques durs, tellement de souvenirs, certains par écrit. Tellement de séquences montées en petits films. Merci à vous qui vous y êtes intéressés!


Tous ces paysages incroyables, sans fin, presque à l’image du lac Issyk Köl. Les formes insolites des glaciers rocheux de Jilamish ou de Shamshi. Les légendes tout aussi colorées que les reliefs dont elles expliquent l’origine. Cette quiétude qui imprègne la montagne, à Song Köl comme dans tant d’endroits isolés. Ces milliers de kilomètres sur des routes cahoteuses, ces pneus percés, cette voiture embourbée voire enfouie dans la neige et la glace. La rencontre de Maeder, l’éleveur, aux confins du pays. Les quelques jours passés à guider son troupeau à dos de cheval. La chasse à l’aigle sur les pas de Aïtbek. L’hospitalité sincère partagée lors de quelques nuits chez l’habitant, trop peu en raison du Covid. L’humour et la joie de vivre d’un peuple assez jeune, roi de la débrouille qui vit pourtant dans de rudes conditions. À l’image des matches de Kök Borü durant l’hiver. La fierté d’un peuple de nomades attachés aux traditions et à la liberté qu’initient les grands espaces. La spiritualité d’hommes préhistoriques ressentie à la découverte des pierres brodées de Saimaluu Tash. Les noyers noueux des forêts d’Arslanbob ou de Sary Chelek. Les troupeaux de yacks ou de chevaux mi-sauvages qui arpentent la montagne. Les grasses croupes des moutons dodelinant dans les campagnes. Ces cavaliers issus de nulle part qui viennent vous serrer la main: toujours sous le se signe de la convivialité. Jamais je ne me suis senti comme un intrus, encore moins menacé. L’isolement, souvent, m’a accompagné, mais aussi Anne, ma compagne, prête à presque tout. Jamais de solitude.

Au voisinage d’Issyk Köl

Aux pieds d’une multitude de sommets, le souvenir de générations d’alpinistes qui reposent à l’abri de l’étoile du Nord. Ces neiges kirghizes, sans fond, quelque soit la saison. Point culminant de mon séjour, le sommet du Pic Lénine à 7134m, qui me donne un avant-goût des immenses glaciers du Pamir ou de l’Himalaya.
On est toujours accompagné dans les montagnes kirghizes. Quelqu’un veille sur nos pas qu’il faut bien guider pour éviter l’accroc, l’incident au milieu de rien. Et puis cet Être Suprême qui génère sérénité et félicité. On est toujours observé, souvent sans le savoir. Par des bêtes à l’origine de rencontres inédites: des sangliers, des bouquetins, des marcos polos; des rapaces qui vous survolent sans bruit, nourrissent leurs poussins à l’aire: « neige » le gypaéton, son envol plein d’émotion, « orage » l’aiglon, ses parents lui donnant la becquée.

La mère nourrissant “Orage”

Les approches à dos de cheval et à flanc de ravin, en sécurité grâce aux pas sûrs de nos montures. De discrets renards et de rares ours, à Besh Tash, Köl Cyy, Ichtig. À Ala Archa, ces incroyables troupeaux de plus de trois cent bouquetins à la barbe de sages. Et ces imprévisibles instants qui m’ont mis sur le chemin d’une panthère des neiges, puis de ses deux petits. Des journées entières de patient affût, à écouter le silence et scruter les pentes, rentrant bien plus souvent bredouille que riche d’une observation. Peu importe. Jamais je ne me suis ennuyé.
Merci Kirghizstan!

Feel Nomad Yourt Camp au bord du lac d’Issyk Köl

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