N’ayons pas peur de prendre le Rhône!

«J’ai le virus de mes racines. Plus elles sont profondes, plus l’arbre peut aller loin!» Pour Dominique Savioz, la fierté d’être valaisan passe par la métaphore. Comme dans ses chansons qui, comme un tourbillon, tournent autour du Rhône et de l’eau, il dessine son entreprise, Artena, sous forme de navire.

Dominique Savioz, Artena

«Je dois pouvoir pêcher les énergies de création, construire mon navire, en choisir l’équipage et trouver de quoi le nourrir.»

Reste que pour ses sept collaboratrices et deux collaborateurs, on navigue parfois dans le brouillard. Dominique, la mère de ses enfants, ressent de la joie à s’investir pour des livres audio et des projets qui profitent aux familles, aux jeunes comme aux adultes, à l’homme en général: «Nous sommes tous sur le pont pour une traversée passionnante, mais sans vraiment savoir où elle va...» «Mais elle va!» insiste l’ancien instituteur fort de 55 années d’expérience de création et de vie. Jeanine, sa femme actuelle, renchérit à leur côté. «Nous sommes une entreprise de coeur, nous aimons ce que nous faisons et le prendrions pour nous.» Ses collaborateurs, comme les jeunes qui créent leur propre livre, des dessins au texte en passant par l’illustration sonore, voient leurs valeurs ainsi reconnues: Lirekit, Petites Plumes pour les jeunes, Wine Note bientôt pour les adultes, tout tourne autour de la convivialité, de l’inter-générations et de la solidarité. En passant par l’amour et la création, les vraies passions de Dominique Savioz.
«Nous valaisans sommes tous des rhodaniens, des marins. Comme le Rhône qui, seul, a fait son lit et puis s’en va ensemencer la plaine jusqu’en méditerranée, n’ayons pas peur de prendre le Rhône. Nous capitalisons un haut niveau de connaissances dans toutes ces start-up qui fleurissent ici, au Technopôle, ou dans les autres sites d’émulation. Nous pouvons envahir le monde, nous en avons les compétences; mais sachons garder ce savoir dans notre canton! Trop souvent, lorsque les innovations sont mûres, elles sont rachetées et s’en vont vers d’autres horizons. Il faudrait que les investisseurs ne vous prêtent des fonds pas uniquement lorsque vous avez réussi ou lorsque vous construisez du béton. Je ne mange pas de béton, ma nourriture est d’innover, d’inventer!»

«J’ai la foi en la capacité de l’homme de prendre son destin entre ses propres mains, mais il doit oser, prendre des risques. Trop souvent les énergies restent souterraines; nombre de personnes veulent changer les choses mais finalement ne font rien.» À l’observation du canton qu’il chérit, l’artiste clôt par une nouvelle métaphore autour du Rhône, notre artère vitale: «Tu as mal à la colonne vertébrale quand tu commences a avoir mal au dos. Le Rhône fait mal parce qu’il met en filigrane tout ce qui tourne autour de lui, l’énergie, la chimie, les cultures, le territoire.» Puisse-t-il prendre le bon embranchement et les valaisans avec!

Dans le calme, mais la fébrilité créatrice, toute l’équipe d’Artena s’active autour de son moteur, Dominique Savioz.

François Perraudin twitter   
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